L’alimentation durable, c'est quoi? Et comment s'y prendre?

Qu’est-ce qu’une alimentation durable?

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) définit les régimes alimentaires durables comme « des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations actuelles et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines ».

Les 10 caractéristiques des régimes alimentaires durables selon la FAO

Dans son rapport « Assiettes, pyramides et planète » publié en 2018, la FAO présente un aperçu des caractéristiques des régimes alimentaires ayant une faible incidence sur l’environnement et bons pour la santé :

  1. Une diversité assurée par la consommation d’une grande variété d’aliments;
  2. Un équilibre entre les apports et les besoins énergétiques;
  3. Une alimentation principalement végétale (légumes, fruits, grains entiers, légumineuses) et notamment des produits cultivés en plein champs, résistants et nécessitant moins de moyens de transport rapides et énergivores;
  4. Une consommation de viande en quantités modérées, si consommée, et à condition de manger toutes les parties de l’animal;
  5. Des produits laitiers ou leurs substituts consommés en quantités modérées;
  6. Des graines et des noix non salées;
  7. De petites quantités de poisson et de fruits de mer provenant de pêcheries certifiées;
  8. Une consommation très faible de produits transformés, riches en gras, sucres et sel; (Voir l'article: Les aliments transformés et la classification NOVA
  9. Des huiles et des matières grasses avec un bon rapport oméga-3/oméga-6 comme l’huile d’olive ou de colza;
  10. L’eau du robinet comme boisson de choix.

Comment avoir une alimentation durable?

En 2019, la Commission EAT-Lancet a publié un rapport présentant la définition d’une alimentation saine issue d'un système alimentaire durable ainsi que les actions pouvant contribuer à transformer le système alimentaire mondial. Le rapport propose également des objectifs pour une alimentation saine et une production alimentaire durable afin de protéger la planète et améliorer la santé de la population.

L’assiette santé planétaire présentée par la Commission EAT-Lancet

Parmi les objectifs présentés, le rapport propose notamment un régime sain sous forme d’assiette. La moitié de l’assiette, en volume, est composée de fruits et de légumes. L’autre moitié, en calories, est principalement composée de grains entiers, de protéines végétales, d’huiles végétales non saturées et (éventuellement) de protéines animales en quantités modérées.

 

Les 12 conseils de la Commission EAT-Lancet pour une alimentation saine et durable

La Commission suggère également 12 actions spécifiques que chaque individu peut entreprendre pour avoir une alimentation saine et durable :

  1. Santé, durabilité et gourmandise

Acheter, cuisiner et consommer des aliments sains, produits de façon durable est meilleur pour le corps et pour l’environnement.

  1. Augmenter, diversifier et réduire

Augmenter la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de noix, de graines et de grains entiers. Réduire la consommation de viande rouge et transformée, de sucres ajoutés et d’aliments hautement transformés. Enfin, diversifier l’alimentation pour obtenir tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.

  1. Explorer l’étendue des options végétales

Avec la multitude de plantes comestibles disponibles, il est tout à fait possible de trouver des options végétales adaptées aux différents goûts, moyens économiques, cultures, groupes d’âge, préférences individuelles, etc. de chacun.

  1. Apprivoiser les protéines végétales

Les protéines végétales contiennent davantage de fibres et moins de gras saturés que les protéines animales, ce qui pourrait être bénéfique pour la santé cardiovasculaire. De plus, elles sont plus durables que les protéines animales, car leur production génère moins de gaz à effet de serre. Des exemples de protéines végétales incluent les légumineuses (lentilles, haricots secs, pois), les noix, les graines, le soya, le tofu, le tempeh, etc. (voir l'article:  Démystifions le végétarisme et ses nutriments à consommer)

  1. Diminuer la consommation de viande

La viande est une source importante de nutriments incluant les protéines, le fer et la vitamine B12. Cependant, une consommation excessive de viande peut être nocive pour la santé et pour l’environnement. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé la viande rouge comme potentiellement cancérogène et la viande transformée comme cancérogène.

  1. La modération a bien meilleur goût

Des apports alimentaires supérieurs aux besoins peuvent engendrer un gain de poids et différents problèmes de santé. La surconsommation représente aussi un enjeu pour la planète. Pour mieux répondre aux besoins nutritionnels, l’alimentation intuitive peut aider à prendre conscience des habitudes alimentaires, à prendre le temps de manger en savourant les aliments et à apprendre à reconnaître les sensations de faim et de rassasiement.

  1. Soutenir les pratiques agricoles régénératrices

The Carbon Underground, une organisation internationale œuvrant à réduire les émissions de carbone, définit l’agriculture régénératrice comme « des pratiques d'agriculture et de pâturage qui inversent le changement climatique en reconstituant la matière organique du sol et en restaurant la biodiversité des sols dégradés, ce qui entraîne à la fois une diminution du carbone et une amélioration du cycle de l'eau. » Elle se définit également comme « des aliments cultivés d’une manière régénératrice, qui restaure et maintient les systèmes naturels, comme les cycles de l'eau et du carbone, afin de permettre aux terres de continuer à produire des aliments d'une manière plus saine pour les personnes et pour la santé à long terme de la planète et de son climat ».

  1. Voter avec son assiette

Comme l’offre des marchés suit la demande, il est possible de faire une différence en achetant des aliments bons pour la santé et pour la planète. Par exemple, en choisissant plus souvent des aliments issus de l’agriculture durable et socialement responsable.

  1. Planifier les menus de la semaine

La planification est la clé d’une alimentation saine, durable et savoureuse. Elle permet d’assurer une alimentation variée, de mieux prévoir les achats, de gagner du temps et d’économiser de l’argent. Enfin, elle contribue également à réduire les déchets et le gaspillage alimentaire.

  1. Soutenir la biodiversité

La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants et les écosystèmes où ils vivent. Elle inclut aussi les interactions entre les espèces et avec leurs milieux. Il existe plusieurs menaces pour la biodiversité. Ces menaces incluent la destruction des habitats/milieux naturels (ex.: construction), la pollution des sols, de l’eau, de l’air, etc. (ex.: plastique), la surconsommation/surexploitation des ressources, l’introduction de nouvelles espèces exotiques et les changements climatiques. Cependant, il existe aussi différents moyens de la favoriser. Ces moyens incluent de faire du jardinage urbain (ex.: balcon, jardin communautaire), de composter pour réduire les déchets et fertiliser le jardin, d’acheter des aliments auprès d'agriculteurs locaux et de détaillants qui soutiennent la biodiversité, de consommer moins d’aliments transformés souvent suremballés et dont la production pollue l’environnement, d’acheter des grands formats pour réduire les déchets et la pollution, et d’acheter des aliments produits de manière durable.

  1. Cuisiner plus souvent

Cuisiner à la maison permet de partager des moments en famille ou entre amis, de faire des découvertes alimentaires et de transmettre des recettes, des traditions et des savoir-faire. Cuisiner contribue aussi à réduire la consommation de produits transformés. (Voir l'article : « Meal Prep » du dimanche pour manger sainement )

  1. Réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire survient à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. En termes de valeur des aliments, les consommateurs seraient responsables de près de 50% des pertes. En diminuant le gaspillage alimentaire, moins de nourriture a besoin d’être produite pour nourrir la population et donc l’impact sur l’environnement peut être réduit. Il existe plusieurs astuces pour réduire le gaspillage alimentaire. Ces astuces incluent :

  • Planifier le menu de la semaine et dresser une liste d’épicerie. Cela permet d’acheter uniquement les aliments nécessaires.
  • Bien entreposer les aliments dans le réfrigérateur, le congélateur et le garde-manger. Ainsi, les aliments ne se gâtent pas avant d’être consommés.
  • Congeler les restes pour la semaine suivante ou les utiliser pour un prochain repas/collation, dans les lunchs, dans une nouvelle recette, etc.
  • Faire un don aux organismes alimentaires du quartier. Cela permet de réduire le gaspillage tout en aidant les gens en situation d’insécurité alimentaire.
  • Composter les déchets organiques. Maintenant, plusieurs villes offrent des bacs pour faire du compostage à la maison, une pratique qui permet de valoriser les déchets alimentaires.

En conclusion

Pour avoir une alimentation durable, il ne faut pas obligatoirement observer toutes les recommandations à la lettre ou modifier complètement son mode de vie. Mieux vaut y aller progressivement en fonction de ses possibilités et développer de bonnes habitudes sur le long terme. Pour contribuer à sa santé et à celle de l’environnement, chaque geste compte!

Références

  1. https://eatforum.org/eat-lancet-commission/
  2. https://eatforum.org/content/uploads/2019/07/EAT-Lancet_Commission_Summary_Report_French.pdf
  3. https://eatforum.org/lancet-commission/eatinghealthyandsustainable/
  4. https://www.who.int/features/qa/cancer-red-meat/fr/
  5. https://www.equiterre.org/geste/gaspillage-alimentaire-non-merci#:~:text=Selon%20le%20site%20Sauve%20ta,entre%2014%20et%2025%20%25!%20%C2%BB.
  6. http://www.fao.org/3/I5640FR/i5640fr.pdf
  7. FAO, Biodiversité et régimes alimentaires durables, 2010. http://www.fao.org/nutrition/education-nutritionnelle/food-dietary-guidelines/background/sustainable-dietary-guidelines/fr/
  8. https://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/reports/FCRN%20Wellcome%20GFS%20CHANGING%20CONSUMPTION%20REPORT%20FINAL.pdf
  9. https://thecarbonunderground.org/about-us/
  10. The Carbon Underground, 2017. https://thecarbonunderground.org/wp-content/uploads/2017/02/Regen-Ag-Definition-7.27.17-1.pdf
  11. https://ofb.gouv.fr/quest-ce-que-la-biodiversite

 

AlimentationMode de vie

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés