La gastroparésie

Définition

La gastroparésie est un trouble de l’estomac qui se définit par une vidange gastrique retardée. La gastroparésie est un trouble de motilité, ce qui signifie que l’évacuation du contenu de l’estomac vers le petit intestin n’est pas retardée par une obstruction physique, mais plutôt par un dysfonctionnement des contractions musculaires permettant aux aliments de progresser dans le tube digestif.

Étiologie

La gastroparésie est habituellement associée à un dommage ou à un retrait du nerf vague, qui assure un lien important entre le cerveau et les intestins. Il transmet notamment l’information aux muscles de l’estomac de se contracter afin que les aliments puissent progresser vers le petit intestin. Lorsque ce nerf est endommagé, les aliments demeurent dans l’estomac plus longtemps.

Différents facteurs peuvent être à l’origine d’un dommage au nerf vague. Les plus courants incluent le diabète, les chirurgies gastro-intestinales, les infections, les maladies neurologiques, l'hypothyroïdie, l'insuffisance rénale chronique et certains médicaments. Enfin, la gastroparésie peut également être idiopathique, ce qui signifie que sa cause est inconnue.

Symptômes

Les symptômes de la gastroparésie incluent habituellement une diminution de l’appétit pouvant engendrer une anorexie, des nausées, des vomissements, des ballonnements, des douleurs abdominales, un reflux gastrique, une sensation de plénitude, une satiété précoce, une mauvaise haleine (halitose), une hypoglycémie après les repas ou une glycémie fluctuante chez les individus ayant un diabète généralement bien contrôlé.

Diagnostic

Lorsque le médecin soupçonne un gastroparésie, voici les différentes méthodes utilisées pour en faire le diagnostic:

  • La scintigraphie, qui permet de mesurer la vitesse à laquelle les aliments sont digérés.  On consomme avec un léger repas une infime substance radioactive.  Les rayonnements émis pourront être suivis par imagerie médicale et permettent de suivre le rythme auquel la nourriture traverse l’appareil digestif.
  • Le transit œso-gastro-duodénal consiste à boire à jeun une boisson barytée, tout en étant placé devant un appareil de radiographie. Le baryum est un liquide crayeux visible aux rayons X, permettant de voir des détails dans le tractus gastro-intestinal.

  • L’échographie abdominale qui évalue les variations de la surface de la muqueuse de l'estomac en fonction du temps après un repas et permet aussi de déterminer s’il existe d’autres anomalies physiques qui pourraient entraîner les symptômes attribués à la gastroparésie.

  • La gastroscopie permettant de visualiser à l'aide d'une caméra la paroi interne de l'estomac, de l'œsophage et du duodénum

  • La manométrie gastro-duodénale qui consiste à insérer un long tube mince mesurant la pression musculaire et les contractions du tube digestif jusqu’à l’estomac.

Intervention nutritionnelle

Les symptômes de la gastroparésie peuvent engendrer différentes complications nutritionnelles, comme la déshydratation, due aux vomissements, et la malnutrition (ex. : carences nutritionnelles), due à la diminution de l’appétit. L’intervention nutritionnelle a donc pour but de rétablir l’hydratation, de préserver un apport adéquat en calories et en protéines et de restaurer les niveaux d’électrolytes, de vitamines et de minéraux.

Recommandations alimentaires

Les recommandations alimentaires pour la gastroparésie incluent généralement :

  • Consommer de petits repas fréquents. Des repas trop copieux peuvent ralentir la vidange gastrique.
  • Consommer des aliments sous forme liquide ou en purée. Les aliments peuvent être mieux tolérés sous ces formes selon la sévérité de la gastroparésie.
  • Réduire les apports en lipides et en fibres, car ces nutriments sont plus difficiles à digérer.
  • Éviter les boissons ou les liquides gazeux.
  • Surveiller les carences en fer, en vitamine B12, en vitamine D et en calcium, et prendre des suppléments si nécessaire.
  • Avoir une hydratation adéquate.
  • Manger lentement et bien mastiquer les aliments pour faciliter la digestion.
  • Être bien assis lors de la prise des repas et rester assis une à deux heures après.
  • Avoir une bonne hygiène dentaire pour prévenir la corrosion due aux vomissements.
  • Contrôler le taux de glucose dans le sang si la gastroparésie est en lien avec le diabète.

Enfin, dans le cas d’une gastroparésie sévère, où les individus ne tolèrent aucun aliment ou liquide, les recommandations alimentaires peuvent aussi inclure d’avoir recours à la nutrition entérale. La sonde d’alimentation est généralement positionnée au niveau du jéjunum, un segment du petit intestin, afin de contourner l’estomac paralysé.

À noter que certains médicaments peuvent aider à atténuer les symptômes, mais ne traitent pas la maladie sous-jacente. Aussi, les gens aux prises avec cette maladie qui n'arrivent pas à soulager leurs symptômes par la modification des habitudes alimentaires ou encore par la médication, ont aussi accès à différentes options de chirurgie.

 

Références

  1. Bouthillier, Lise. Janvier 2019. «Maladies du tube digestif». NUT 2047 – Nutrition clinique 2. Montréal : Université de Montréal.
  2. https://cdhf.ca/fr/digestive-disorders/gastroparesie/
  3. https://badgut.org/centre-information/sujets-de-a-a-z/gastroparesie/?lang=fr

 

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